mardi 11 mars 2008

Une expédition Sans Trace c'est quoi?


Notre expédition se veut la première expédition Sans Trace au monde sur un sommet de plus de 8000mètres. Nous sommes tous très préoccupés par l’environnement. Une des façons de promouvoir et surtout de participer activement à la diminution de notre empreinte écologique est de respecter certains principes.

Nous voudrions que toutes les expéditions qui s’organisent sur la planète suivent ces principes afin de minimiser notre impact écologique.

Voici un rappel des principes pour ceux qui ne seraient pas familiers avec cette éthique environnementale :

Les 7 principes du « Sans Trace » :

1. Préparez et planifiez votre sortie ;
2. Utilisez les surfaces durables telles que les sentiers tracés ;
3. Gérez adéquatement vos déchets ;
4. Laissez intact ce que vous trouvez ;
5. Minimisez l'impact des feux ;
6. Respectez la vie sauvage ;
7. Respectez les autres usagers ;

Pour en connaître davantage, vous pouvez consulter les sites :
www.sanstrace.ca et www.lnt.org

Pour notre expédition, nous irons encore un peu plus loin. Nous voulons faire profiter le peuple népalais des avantages à long terme de cette démarche. Voici quelques exemples des actions que nous voulons entreprendre lors de l’expédition.

1. Nous arrêterons dans certaines écoles de la vallée afin d’expliquer aux enfants l’importance de respecter ces principes. Nous leurs donnerons un petit feuillet (sur papier recyclé évidemment) avec les sept principes écrits en népali comme aide-mémoire.

2. Nous donnerons un atelier pratique à toute l’équipe de porteurs qui nous accompagnera pour qu’ils puissent ensuite faire la promotion du Sans Trace. Cela pourra même leur servir de tremplin pour s’afficher comme une compagnie responsable vis-à-vis l’environnement.

3. Nous ferons une collecte de lunettes de soleil avant de partir afin d’équiper tous les porteurs nous accompagnant. Tous devront s’habituer à porter des lunettes pour protéger leurs yeux adéquatement. Les porteurs, TROP souvent, n’utilisent pas de lunettes de soleil car ils n’ont pas les moyens de s’en payer ou tout simplement par ignorance des dangers que présente le rayonnement solaire. Plusieurs d’entres eux doivent abandonner le métier de porteur très jeune à cause de cela. Nous voulons donc améliorer leurs conditions de vie.

4. Nous utiliserons exclusivement des réchauds pour cuire notre nourriture afin de diminuer l’impact des feux. (Il y a un très grave problème de déforestation au Népal.)

5. Évidemment, à partir du camp de base, nous devrons faire nos besoins dans des sacs et rapporter ces sacs plus bas dans la vallée où il y a des pâturages et de la végétation pour dégrader naturellement ces déchets. Ce n’est qu’un petit effort supplémentaire après tout!
Nous espérons sincèrement que cette initiative de notre part fera son chemin et que de plus en plus d’expéditions à travers le monde s’organiseront en se conformant aux principes du Sans Trace.

mercredi 5 mars 2008

L'heure du budget


Évidemment, une entreprise comme celle-là demande une bonne planification budgétaire. Les frais d’une telle expédition sont très importants et les dépassements ne sont pas rares.

La liste de matériel que nous avons établie demeure notre outil de base pour calculer la plupart des frais. Chacune des pièces d’équipements personnel et de groupe a un prix spécifiques. L’addition des poids de chaque pièce que nous apportons déterminera le nombre de sacs de transport, le nombre de porteurs et le surplus de bagage à calculer pour l’avion.

Il faut également calculer d’autres frais comme : un permis pour grimper la montagne (10000$US pour l’équipe), un permis de trekking (75$US/pers.), un agent de liaison du gouvernement népalais (3500$US), un dépôt pour les vidanges (3000$US), la nourriture, etc.

Nous parlons donc d’un budget global d’environ 120 000$CAN pour l’équipe. Étant donné l’importance de cette somme, nous avons pensé à certains moyens de financement. Nous avons fait faire des gourdes d’eau avec le logo de l’expédition que nous vendons 10$. Ceci nous aide a financer l’expédition et nous permet de promouvoir le Sans Trace (en encourageant les gens à utiliser une gourde au lieu d’acheter l’eau embouteillé).

Nous avons également préparé une présentation corporative pour les entreprises qui voudraient s’associer au projet.

Si vous êtes intéressés à nous encourager, n’hésitez pas à communiquer avec nous à l’adresse : expeditionmanaslu2008@gmail.com.

mardi 19 février 2008

Avalanche !!!




Lors de notre première rencontre, nous avions dressé une liste de compétences essentielles pour pouvoir grimper le Manaslu. Une de ces compétences était la connaissance de la neige et des dangers relatifs aux avalanches. Étant donné que je suis certifié niveau I par l’Association canadienne des avalanches, j’ai donc pris en charge ce dossier.

Nous avons passé deux journées intensives sur le terrain pour une mise à niveau des connaissances de chaque membre de l’expédition. Malheureusement, trop de gens encore se lancent à l’assaut de montagnes sans même avoir les outils nécessaires ainsi que les connaissances pour reconnaître un terrain avalancheux et pouvoir réagir correctement si le pire se produisait. Ne partez jamais sans votre sonde, votre pelle et un A.R.V.A (appareil de recherche de victimes d’avalanche) ainsi qu’une bonne trousse de premiers soins.

Notre itinéraire sur le Manaslu sera souvent très exposé aux avalanches c’est pourquoi il nous apparaissait essentiel de s’assurer que chacun soit très compétent à ce niveau.

En résumé, ce fut une fin de semaine fort agréable et surtout des plus profitable quand on prévilégie la sécurité. Mieux vaut prévenir que guérir !

mardi 12 février 2008

L'étape de la pesée


Une des premières étapes de la planification de la logistique est d’établir une liste de tout le matériel dont nous avons besoin lors de l’expédition. Cette étape a deux objectifs : premièrement, permettre de s’assurer que nous n’oublierons rien d’important et deuxièmement servir à commander le matériel nécessaire. Il faut planifier les achats car le matériel d’hiver n’est disponible qu’à partir du mois d’octobre et ce, jusqu’à mars.

Lorsque la liste a été complétée, nous avons procédé à la pesée officielle de chaque item. Sylvain a bâti une feuille de calcul dans Excel afin que tous les poids s’additionnent automatiquement. De cette façon, nous pouvons changer un item de la liste et ajouter son poids pour que le poids total apparaisse.

Pour ceux qui ne comprennent pas la pertinence de faire cet exercice, je vous invite à discuter avec des gens qui ont organisé des expéditions en Himalaya…ils ont presque tous excédé le budget prévu! Le poids détermine le coût brut de l’expédition. C’est grâce à lui que nous allons déterminer le nombre exact de porteurs jusqu’au camp de base, le coût excédentaire pour le transport aérien, le nombre de sacs de transport, etc. Bref, c’est un exercice très long mais essentiel afin d’avoir une prévision budgétaire la plus juste possible.

Sachant que nos porteurs porteront au maximum 25Kg, nous sommes maintenant capables d’évaluer facilement, avec la feuille Excel, le nombre de porteurs et le coût en transport de matériel. Le budget commence à prendre forme.

mardi 29 janvier 2008

La première sortie d'équipe


C’est le 7-8-9 septembre 2007 que nous avons fait notre première sortie d’équipe. Nous sommes allés grimper en escalade de roche dans le parc des Grands-Jardins (Charlevoix). Cette sortie était la première d’une série que nous avions planifiée.

Le parc des Grands-Jardins représente un endroit par excellence pour grimper des voies de tous les niveaux, certaines assez longues représentant plusieurs longueur de corde (une corde = 60 mètres). L’engagement y est omniprésent et c’est dans ce genre de situations que l’on voit la vraie personnalité des gens.

Il y a plusieurs objectifs à atteindre lors de ces sorties de groupe. Premièrement, c’est une occasion privilégiée pour raffermir les liens entre les partenaires. Nous avons donc inversé les équipes habituelles afin de sortir de notre zone de confort et apprendre à faire confiance à tous les membres de l’équipe. Deuxièmement, cette grimpe nous a permis de mettre à jour nos techniques et de les uniformiser (autant au niveau du vocabulaire que des différentes techniques : rappels, ancrages, etc.).

Le soir venu, nous discutions de l’expédition. En fait, nous profitions au maximum de ce temps pour faire avancer les différents dossiers. Une bonne bouffe, de bonnes discussions et un repos bien mérité avant une autre journée de grimpe.

samedi 19 janvier 2008

Notre première rencontre officielle


Notre première rencontre ne fut pas simplement un moment pour parler de la montagne et boire une ou deux bières. Nous avions un ordre du jour bien établi afin d’être le plus efficace possible. Nous avons établi une liste des dossiers à régler avant le départ avec des dates limites pour les régler (entraînement, équipement, logistique, demande de permis, financement, etc.). Il fallait se séparer la tâche pour éviter de travailler en double. Chacun a donc prit en charge les dossiers avec lesquelles il était le plus à l’aise.

Nous avons discuté longuement sur la façon dont nous voulions gravir cette montagne (sans oxygène, sans camps fixes en altitude, sans aide externe une fois sur la montagne). Les porteurs nous aideront pour porter le matériel jusqu’au camp de base seulement. Toutes ces décisions étaient cruciales à prendre car la logistique complète de l'expédition en dépend.

C’est lors de cette réunion que nous avons également convenu qu’à toutes les semaines nous ferions un appel conférence le dimanche soir pour prendre le pouls de chacun et régler certains détails. Étant donné que nous avons tous des vies bien remplies et qu’il est difficile de se rencontrer régulièrement, l’appel conférence est l’outil par excellence pour garder un lien constant et éviter de laisser traîner certains dossiers.

Lors de cette première rencontre nous commencions à construire la structure de base de l’expédition. En résumé : beaucoup de notes, de bons échanges, un travail structuré, des éclats de rire et plusieurs bières!

mardi 8 janvier 2008

L'origine du projet


C'est lors de ma première visite au Népal en 2001 que je suis tombé, par hasard, sur cette carte postale dans un bazar de Katmandu. J'ai été immédiatement séduit par la beauté de cette montagne. Comme toutes mes ascensions commencent par un coup de foudre, je savais dès lors que cette montagne me hanterait jusqu'à ce que je puisse la grimper.


Je me suis donc renseigné sur les difficultés, la logistique et toutes les connaissances nécessaires afin de gravir cet imposant sommet. Après cet exercice de longue haleine, j'ai conclu qu'il me fallait revenir au Népal pour me rendre au pied de ce géant afin d'évaluer correctement la logistique nécessaire.


En 2004, je suis retourné à Katmandu avec une motivation bien particulière. Je devais recueillir le plus d'informations possible pour mettre sur pied cette expédition. J'ai eu la chance d'y aller avec mon partenaire de montagne, Éric. Après avoir guidé un petit groupe au camp de base de l'Everest en guise d'acclimatation, Éric et moi sommes partis en direction du Manaslu pour effectuer le trek qui fait le tour de la montagne. Nous avons pu mieux évaluer les dangers et prendre en notes tous les détails qui font la différence dans une expédition d'une telle envergure. J'ai pris des centaines de photos et noté tout ce qui me semblait pertinent.

...


À l'hiver 2006, Alain, un ami de longue date avec qui j'ai fait une expédition à l'Aconcagua, en Argentine, me donna un coup de fil. Nous avions déjà discuté de la possibilité de grimper une montagne de plus de 8000m ensemble...la suite est facile à deviner: Alain et son partenaire de toujours, Sylvain, voulaient se joindre à Éric et moi afin de mettre nos forces ensemble pour réaliser ce beau projet. Le projet Manaslu 2008 débutait.