dimanche 6 avril 2008

La nourriture en expédition


Certains m’ont posé des questions sur la nourriture en expédition. Je vais donc vous expliquer notre menu quotidien, afin de vous mettre l’eau à la bouche!

Pour la période d’acclimatation jusqu’au camp de base de l’Everest, nous mangerons dans les « guest house » des petits villages que nous croiserons. Le menu typique est, en fait, une variation sous un même thème où la pomme de terre est à l’honneur. Dans la région du Kumbu (vallée menant à l’Everest) la nourriture est généralement assez bonne mais peu variée. Pour cette raison, nous prendrons des suppléments vitaminiques afin d’éviter une carence à ce niveau.

Pour éviter le risque de tomber malade inutilement, nous éviterons de manger de la viande durant cette période. Cette petite attention m’a sauvé plus d’une fois des désagréments que peut causer une infection gastro-intestinale. Nous mangerons de la bonne viande de yak à notre retour à Kathmandu…comme cet excellent hamburger de yak sur la photo!

Pour la deuxième phase de l’expédition, nous avons consulté une nutritionniste pour être certains d’avoir une alimentation optimale pour carburer en haute altitude. Étant donné que la vallée menant au pied du Manaslu est extrêmement pauvre et que les « guest house » sont presque inexistants et/ou insalubres, nous serons autonomes au niveau nourriture. Nous apporterons de la nourriture lyophilisée (sachet nécessitant seulement un peu d’eau chaude) pour tous les repas de trek et d’ascension sur la montagne.

Nous dépensons facilement entre 8000 et 14000 calories par jour en haute altitude! Il est donc primordial de très bien s’alimenter si nous voulons avoir suffisamment d’énergie pour poursuivre l’ascension. Nous apporterons également du gras synthétisé (en poudre) que nous ajouterons à notre menu. Ceci nous aidera grandement au niveau calorifique.

À cette nourriture, nous ajouterons des barres énergétiques (Cliff bar®, MIXfooding …un excellent produit québécois ! http://mixfooding.com/), des mélanges de noix et quelques douceurs.

Il est très important que la nourriture en expédition soit bonne au goût, suffisante en quantité, de très bonne qualité (valeur nutritive) et facilement digérée par l’organisme.

lundi 24 mars 2008

Notre itinéraire...


Une montagne comme le Manaslu ne peut se gravir rapidement. Nous aurons besoin d’une période d’acclimatation. Durant cette période, notre organisme réagira par une surproduction de globules rouges afin d’acheminer l’oxygène plus facilement à l’ensemble de notre corps.

Pour y arriver, nous irons jusqu’au camp de base de l’Everest et gravirons une montagne de 5545m : le Kala Patthar. Un petit groupe de trekkers, que je guiderai, nous accompagnera lors de cette phase d’acclimatation. Avis aux intéressés, il reste encore quelques places pour ceux qui voudraient vivre cette aventure unique et faire partie de cette expédition historique. Vous pouvez communiquer avec moi pour plus de renseignements : expeditionmanaslu2008@gmail.com.

Suite à cette phase d’acclimatation (durée :1 mois), nous nous dirigerons vers notre objectif final. Nous devrons prendre l’autobus pendant d’interminables heures pour nous rendre à l’Ouest du Népal. Un trek d’approche d’une semaine nous mènera au pied du Manaslu. À partir de ce point, nous serons seuls car les porteurs nous aideront à transporter notre matériel seulement jusqu’au camp de base.

Du camp de base (5000m), nous ferons des allers-retours de campement en campement pour monter graduellement de la nourriture et ainsi parfaire notre acclimatation. Nous avons décidé d’emprunter la voie nord-est car celle-ci nous apparaissait esthétiquement et techniquement la plus intéressante. Cette voie a été la première ouverte sur cette montagne par les Japonais en 1956.

Notre retour se fera via un sentier qui fait le tour du Manaslu et rejoint un tronçon du trek de l’Annapurna. En plus de gravir le Manaslu, nous aurons la joie de faire le tour complet de cette magnifique montagne.

Pourquoi sans oxygène ?

Plusieurs m’ont posé la question suivante : pourquoi vouloir gravir le Manaslu sans oxygène?

La réponse est fort simple. Pour nous, gravir une montagne c’est une aventure purement naturelle. Depuis que Reinhold Messner a gravi l’Everest sans oxygène en 1978, il a prouvé qu’il était humainement possible de grimper toutes les montagnes sur cette planète sans apport d’oxygène supplémentaire. Faire autrement c’est un peu tricher!

En utilisant des bouteilles d’oxygène, le défi n’est plus du tout le même. Par exemple, gravir l’Everest (8848m) avec de l’oxygène supplémentaire équivaut à peu près à gravir l’équivalent d’un 7000m. Alors à quoi bon utiliser encore ce moyen si ce n’est que de vouloir collectionner un sommet à tout prix ?

De plus, beaucoup trop de gens laissent des bouteilles vides sur la montagne. Ce qui va à l’encontre de l’éthique Sans Trace.

Nous voulons mesurer nos capacités réelles face à ce géant. Nous sommes donc prêt à accepter de renoncer au sommet si nous n’arrivons pas, de façon naturelle, à nous acclimater suffisamment à l’altitude.

Évidemment, nous aurons de l’oxygène comme moyen de secours pour pouvoir réagir promptement si une évacuation devait avoir lieu. Cette bouteille sera UNIQUEMENT utilisée pour des raisons médicales et non comme moyen d’ascension.

mardi 11 mars 2008

Une expédition Sans Trace c'est quoi?


Notre expédition se veut la première expédition Sans Trace au monde sur un sommet de plus de 8000mètres. Nous sommes tous très préoccupés par l’environnement. Une des façons de promouvoir et surtout de participer activement à la diminution de notre empreinte écologique est de respecter certains principes.

Nous voudrions que toutes les expéditions qui s’organisent sur la planète suivent ces principes afin de minimiser notre impact écologique.

Voici un rappel des principes pour ceux qui ne seraient pas familiers avec cette éthique environnementale :

Les 7 principes du « Sans Trace » :

1. Préparez et planifiez votre sortie ;
2. Utilisez les surfaces durables telles que les sentiers tracés ;
3. Gérez adéquatement vos déchets ;
4. Laissez intact ce que vous trouvez ;
5. Minimisez l'impact des feux ;
6. Respectez la vie sauvage ;
7. Respectez les autres usagers ;

Pour en connaître davantage, vous pouvez consulter les sites :
www.sanstrace.ca et www.lnt.org

Pour notre expédition, nous irons encore un peu plus loin. Nous voulons faire profiter le peuple népalais des avantages à long terme de cette démarche. Voici quelques exemples des actions que nous voulons entreprendre lors de l’expédition.

1. Nous arrêterons dans certaines écoles de la vallée afin d’expliquer aux enfants l’importance de respecter ces principes. Nous leurs donnerons un petit feuillet (sur papier recyclé évidemment) avec les sept principes écrits en népali comme aide-mémoire.

2. Nous donnerons un atelier pratique à toute l’équipe de porteurs qui nous accompagnera pour qu’ils puissent ensuite faire la promotion du Sans Trace. Cela pourra même leur servir de tremplin pour s’afficher comme une compagnie responsable vis-à-vis l’environnement.

3. Nous ferons une collecte de lunettes de soleil avant de partir afin d’équiper tous les porteurs nous accompagnant. Tous devront s’habituer à porter des lunettes pour protéger leurs yeux adéquatement. Les porteurs, TROP souvent, n’utilisent pas de lunettes de soleil car ils n’ont pas les moyens de s’en payer ou tout simplement par ignorance des dangers que présente le rayonnement solaire. Plusieurs d’entres eux doivent abandonner le métier de porteur très jeune à cause de cela. Nous voulons donc améliorer leurs conditions de vie.

4. Nous utiliserons exclusivement des réchauds pour cuire notre nourriture afin de diminuer l’impact des feux. (Il y a un très grave problème de déforestation au Népal.)

5. Évidemment, à partir du camp de base, nous devrons faire nos besoins dans des sacs et rapporter ces sacs plus bas dans la vallée où il y a des pâturages et de la végétation pour dégrader naturellement ces déchets. Ce n’est qu’un petit effort supplémentaire après tout!
Nous espérons sincèrement que cette initiative de notre part fera son chemin et que de plus en plus d’expéditions à travers le monde s’organiseront en se conformant aux principes du Sans Trace.

mercredi 5 mars 2008

L'heure du budget


Évidemment, une entreprise comme celle-là demande une bonne planification budgétaire. Les frais d’une telle expédition sont très importants et les dépassements ne sont pas rares.

La liste de matériel que nous avons établie demeure notre outil de base pour calculer la plupart des frais. Chacune des pièces d’équipements personnel et de groupe a un prix spécifiques. L’addition des poids de chaque pièce que nous apportons déterminera le nombre de sacs de transport, le nombre de porteurs et le surplus de bagage à calculer pour l’avion.

Il faut également calculer d’autres frais comme : un permis pour grimper la montagne (10000$US pour l’équipe), un permis de trekking (75$US/pers.), un agent de liaison du gouvernement népalais (3500$US), un dépôt pour les vidanges (3000$US), la nourriture, etc.

Nous parlons donc d’un budget global d’environ 120 000$CAN pour l’équipe. Étant donné l’importance de cette somme, nous avons pensé à certains moyens de financement. Nous avons fait faire des gourdes d’eau avec le logo de l’expédition que nous vendons 10$. Ceci nous aide a financer l’expédition et nous permet de promouvoir le Sans Trace (en encourageant les gens à utiliser une gourde au lieu d’acheter l’eau embouteillé).

Nous avons également préparé une présentation corporative pour les entreprises qui voudraient s’associer au projet.

Si vous êtes intéressés à nous encourager, n’hésitez pas à communiquer avec nous à l’adresse : expeditionmanaslu2008@gmail.com.

mardi 19 février 2008

Avalanche !!!




Lors de notre première rencontre, nous avions dressé une liste de compétences essentielles pour pouvoir grimper le Manaslu. Une de ces compétences était la connaissance de la neige et des dangers relatifs aux avalanches. Étant donné que je suis certifié niveau I par l’Association canadienne des avalanches, j’ai donc pris en charge ce dossier.

Nous avons passé deux journées intensives sur le terrain pour une mise à niveau des connaissances de chaque membre de l’expédition. Malheureusement, trop de gens encore se lancent à l’assaut de montagnes sans même avoir les outils nécessaires ainsi que les connaissances pour reconnaître un terrain avalancheux et pouvoir réagir correctement si le pire se produisait. Ne partez jamais sans votre sonde, votre pelle et un A.R.V.A (appareil de recherche de victimes d’avalanche) ainsi qu’une bonne trousse de premiers soins.

Notre itinéraire sur le Manaslu sera souvent très exposé aux avalanches c’est pourquoi il nous apparaissait essentiel de s’assurer que chacun soit très compétent à ce niveau.

En résumé, ce fut une fin de semaine fort agréable et surtout des plus profitable quand on prévilégie la sécurité. Mieux vaut prévenir que guérir !

mardi 12 février 2008

L'étape de la pesée


Une des premières étapes de la planification de la logistique est d’établir une liste de tout le matériel dont nous avons besoin lors de l’expédition. Cette étape a deux objectifs : premièrement, permettre de s’assurer que nous n’oublierons rien d’important et deuxièmement servir à commander le matériel nécessaire. Il faut planifier les achats car le matériel d’hiver n’est disponible qu’à partir du mois d’octobre et ce, jusqu’à mars.

Lorsque la liste a été complétée, nous avons procédé à la pesée officielle de chaque item. Sylvain a bâti une feuille de calcul dans Excel afin que tous les poids s’additionnent automatiquement. De cette façon, nous pouvons changer un item de la liste et ajouter son poids pour que le poids total apparaisse.

Pour ceux qui ne comprennent pas la pertinence de faire cet exercice, je vous invite à discuter avec des gens qui ont organisé des expéditions en Himalaya…ils ont presque tous excédé le budget prévu! Le poids détermine le coût brut de l’expédition. C’est grâce à lui que nous allons déterminer le nombre exact de porteurs jusqu’au camp de base, le coût excédentaire pour le transport aérien, le nombre de sacs de transport, etc. Bref, c’est un exercice très long mais essentiel afin d’avoir une prévision budgétaire la plus juste possible.

Sachant que nos porteurs porteront au maximum 25Kg, nous sommes maintenant capables d’évaluer facilement, avec la feuille Excel, le nombre de porteurs et le coût en transport de matériel. Le budget commence à prendre forme.